"Symphonie Fantastique" at Festival Berlioz reviewed by Le Progrès

Berlioz Symphonie Fantastique & Lélio at the Festival Berlioz (La-Côte-St-André) by Antonio Mafra
25th August, 2015 

The "Fantastique" and "Lélio" make history
★★★★
 

"John Eliot Gardiner presented an extraordinary interpretation of instrumental virtuosity and breathtaking ingenuity.  His interpretation accentuated the animalistic nature of a work that breathes, sometimes with unworldly tones, mysterious, fraught and strong strings, the woodwind painting with pastoral colours, the brass rugged.  In its wake, even the best classical interpretations looked like an exercise of style in a bourgeois salon."


Original article (French):

La « Fantastique » et « Lélio » entrent dans la légende
John Eliot Gardiner restitue la fièvre romantique et révolutionnaire de Berlioz. Epoustouflant.

A l’Opéra de Lyon, où il a fondé l’orchestre au début des années 1980, au festival Berlioz (première version), où il avait dirigé une « Enfance du Christ » inoubliable, John Eliot Gardiner a laissé une empreinte indélébile.

En 2014, après une longue absence, le chef britannique est revenu à La Côte-Saint-André, avec le London symphony orchestra. Cette année, il fait le pèlerinage en terre berliozienne, avec l’Orchestre révolutionnaire et romantique, une phalange qu’il a créée en 1989 pour ce répertoire.

Pour ce concert joué à guichets fermés, le maestro a associé la symphonie « Fantastique » et « Lélio ou le retour à la vie », les deux volets d’un même œuvre, celui du voyage d’un artiste hanté par ses cauchemars. Qui pourrait imaginer que la « Fantastique » a été écrite six ans seulement après la 9e de Beethoven, tant elle rompt avec l’académisme symphonique ? John Eliot Gardiner a fait le cadeau d’une lecture hallucinante de virtuosité instrumentale et époustouflante d’inventivité. Sa lecture accentue le caractère animal d’une œuvre qui respire, avec des sonorités parfois étranges, mystérieuses, des cordes tendues et franches, des bois aux couleurs pastorales, des cuivres rugueux. A côté, la meilleure des interprétations classiques ressemble à un exercice de style dans un salon bourgeois.

Après une telle déferlante de coloris fiévreux, d’ombres inquiètes et d’entêtantes obsessions, comment Gardiner allait-il maintenir la tension avec « Lélio » ? Avec son talent superlatif, le renfort du Jeune chœur écossais, du ténor Michael Spyres, un ténor berliozien de rêve, et de Denis Podalydès, qui a déserté les ors de la Comédie-Française pour rappeler les racines shakespeariennes d’une œuvre inspirée par la passion contrariée de Berlioz pour la jeune Harriet Smithson, vue dans « Hamlet ». Ce « Lélio », alliage de musique et de théâtre, symbolise l’esprit de ce concert qui fera date dans les annales du festival. A la tête de ses troupes, Gardiner n’est-il pas, à la fois, chef d’orchestre des sentiments et metteur en scène des sonorités ?

Antonio Maffra

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